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موقع الشاعر الزجال أحمد لمسيح
ترجمات فرنسية Transe des mots; Traductions: Abdellatif Laabi, Moulim El Aroussi, Touria Iqbal, Issiali Aarab, Habiba Zougui
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TRANSE DES MOTS

Ahmed Lemsyeh

Né en 1950 à Sidi Ismail (province d'El-Jadida). Après des études de lettres arabes, il se destine à l'enseignement. Ahmed Lemsyeh a joué un rôle primordial dans l'acclimatation de la langue arabe populaire au sein du paysage poétique marocain. On peut même dire que c'est grâce à lui qu'elle a acquis ses lettres de noblesse. Cela est dû, d'une part, à la constante de la production de ce poète, et de l'autre à la fermeté de l'attitude qu'il a adopté d'emblé. Faisant fi des préjugés, des réticences, voir de l'hostilité, mais rompant aussi avec une longue tradition ou poésie et chanson allaient de pair, il a eu le mérité de prendre en marche le train de la modernité et d'y installer sans complexe sa langue d'élection. On ne se contentera pas ici de saluer le courage de l'acte et sa dimension prospective, car l'expérience d'Ahmed Lemsyeh puise sa force dans une oralité débarrassée des scories pour autant à sa qualité originelle de parole. D'où la complicité immédiate qu'elle provoque. Nous y sommes en agora quand nous lions avec nos yeux.

ABDELLATIF LAABI : la poésie marocaine (anthologie)

- la différence - PARIS (2005)

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SEMBLABLES A L'EAU EN SES HUMEURS

Traduit par abdellatif Laâbi

la poésie marocaine (anthologie)- la différence (2005)

 

Déchausse-toi

Et marche dans ton dédale

La transe te sera lumière et chemin

Embellis ton âme

Si tu veux entendre la voix du dedans

Eclaire-toi de ta brûlure

Illumine

Et sois le sourire

Qui s'ouvre comme une fine tunique

Dans les ténèbres

Délie-toi

Protège la braise du questionnement

Libère ta voix

Sors de ton ombre et vole

Fais pousser des ailes à tes larmes

Sois l'œil ou l'espoir peut dormir

Et cils qui le couvrent à son réveil

 

Parle en silence

Immobile, penche-toi

Cloué, vole

Sois présent sans venir

Voyage sans partir

Manifeste-toi sans apparaître

Disparais sans t'absenter

Exile-toi sans rien quitter

 

O toi qui m'habite malgré moi

Dévoile mes pensées secrètes

Et apaise ma brûlure

N'abandonne pas mon âme qui menace ruine

Tout âme recèle un grain de folie

Et une passion

Reste et tiens-moi compagnie jusqu'au moment

Où nous respirerons l'odeur de la mort

Au tournant les nuages et tresse-les

Afin qu'une route s'ouvre à nous

A mon désarroi

Tends la corde de ta bienveillance

Sois une mer d'espérance

Si la vie ne m'offre plus rien

Ne me rejette pas

Car tu es mes ailes

Et mon miroir intérieur

 

Trahis-moi

Efface-moi

Pour que je devienne toi

Et pour que tu deviennes moi

Deviens toi-même

 

J'étais enterré dans la glaise quand l'eau m'a déterré

Le sable s'est retiré autour de moi

Le vent bavard n'a pas gardé mon secret

Pris au piège

Je me suis montré à une fissure en riant

Même si je n'ai rien trouvé de réjouissant

J'ai tablé, faute de lendemain

Sur le lendemain

J'ai cousu en semble parfum et brise

Et entre argile et pluie

Un simple rayon est devenu ma lance

 

Oh j'étais…

Un nageur dans la mer du néant

Tressant la chevelure des rêves

En autant de cordes

Pour prendre le désespoir

Sur une route de fumée

J'ai tissé, avec des fils de lumière

 

Un habit qui rendait nu

Celui qui le portait

Je m'en suis roulé une

Avec une dose de paroles

Que j'ai mélangées avec les racines d'un cœur

Plein à ras bord,

Ayant oublié toute mesure

J'ai déambulé autour de la porte de la joie

Qui se tenait au chaud dans un nuage

Veillée par un gardien

Porté sur le sommeil

J'ai voulu en dessiner les ailes

Mais sa naissance était encore suspendue

Comme l'ahouach au signe du maestro

J'ai arrosé la musique avec du sang de coquelicot

Pétri le temps

Et ainsi façonné les côtés

De l'inébranlable parole

J'avais hâte d'allumer une mèche

Qui puisse m'éclairer de l'intérieur

Et dégage du sable les fondations

Afin que chaque mot

Aille comme un gant à son frère

Qu'ils s'enlacent et jouent dans les escaliers

Et que le poème devienne fantasia, épousailles

La plume, un cheval débridé

Que la lumière enfourche l'obscurité

Et le secret lève dans ma tête comme la pâte

 

La parole est construction

A ces fins elle a besoin de matériaux

Le temps est une ardoise

Dont les lettres point ne s'effacent

Le sens est un silo

Et la pensée tient lieu de pioche

Je brûle le passé, en obtiens de l'encre

Je grave les lettres dans mon tréfonds

Et les enlève

Pour que le verre soit à la température idéale

Et que les oiseaux se libèrent de leur cage

Pour que tout menteur avale sa langue

Et que la terre parle sans être piétinée

Que l'exile revienne telle la plume à son aile

Que le rêve marche en plein jour

Sans limiers à ses trousses

 

Mais le désir

Avec ses cils recourbés

S'est mis à me lanciner

Le doute est apparu

Souriant jusqu'aux oreilles

Le corps était un désert

Une forêt arasée

 

Et son propriétaire

Avait enduré plus qu'il n'en fallait

Je me suis dit : laisse-toi reprendre par tes démons

La bête a remué au fond de moi

Et quand le verre s'est vidé

J'ai continué à remplir son office :

Réunir et séparer

Tes cils étaient mon échanson

Et tes yeux, ma perte

 

Les souvenirs se sont réveillés, étirés

Et je m'en suis délecté avant qu'ils ne fuient

L'un m'a aidé à éteindre la braise du temps

L'autre à radoucir les nuits d'insomnies

L'un me restituait les tatouages

La ceinture défaite

La chevelure découverte

L'autre ne m'offrait qu'une étendue de sel

Sur laquelle marchait mon être blessé

 

Je me suis rappelé

Celui qui possédait la vue de la huppe

Des mots plus acérés les uns que les autres

Et dont la voix faisait éclater les pierres

Puis l'autre

Qui ne faisait qu'enculer les mots

On aurait dit qu'il escaladait un mur avec son dos

Alors qu'il avait peur de son ombre

Puis un troisième dont les propos

Creuseraient un trou dans l'eau

 

Il chevauchait sa voix

Et de venait cendre quand le feu fleurissait

Un autre enfin dont les actes

Donnaient la chair de poule à l'eau

Et qui, lorsque les autres parlaient

Se remplissait, lui, la bouche d'eau

[…]

 

Ceci est une histoire tressée avec nos larmes

Une image rendant fou celui qui la médite

Elle déborde de peines

Jetons-les à la mer, avons-nous dit

Mais la mer elle-même en débordait

 

L'histoire est captivante

Elle charme le conteur et les auditeurs

L'histoire est rassembleuse

Dès qu'il a lumière

On fait cercle autour d'elle

Elle élargit la petite lucarne

Et brûle l'obscurité quand la clarté point

 

La parole n'est ni couche ni couverture

Elle est un chemin et les gens en sont les lettres

La parole n'est ni vérité ni erreur

Elle est la source et son tourbillon

La page est un linceul cousu de blanc

Ecrite, elle devient œil qui voit

Un caftant tacheté de vie

Purifiant celui qui s'en revêt

Son secret est celui de la laine

Dès qu'on la tond, c'est d'amour

Qu'elle nous enveloppe

Elle traite à égalité douleur, joie et peur

S'habille de parfum et de sens se pare

Elle déplume le vent et dépouille les nuages

La page a pour sang l'encre

En elle, la vie ne saurait s'arrêter

 

Et moi, quand j'ai vu le signal

Etait une ruade et un coup de fouet

J'ai accouru vers vous

Je suis venu à vous les épaules nues

Couvrez-moi

Je demande votre protection

Ne m'en veuillez pas

Je ne suis qu'un derviche

Que les plaisirs ont perdu

Si d'autres vous envoient un coup de pied en guise de salut

Moi, je viens à vous

Porteur d'amour

Du moins ce que j'ai réussi à en sauvegarder

J'ai poussé dans les Doukkalla

Et je me suis fait avoir à Rabat.

 

(Traduit de l'arabe marocain par abdellatif Laâbi)

la poésie marocaine (anthologie)- la différence (2005)

Doukkala : Région d'où est originaire le poète.

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LA CRUE DE LA NEIGE

Traduit par Moulim El Aroussi

 

Contiens-toi et raconte notre histoire

Incite-nous par notre interdit que nous respirons

Ci les oiseaux de la langue voltigeant par tes ailes, sois-en séduit

•  elle éloigna sa main, le pont de bois est éteint

•  face à la mer- accomplie l'aveu dernier

Je n'ai point attendu qu'il remette son testament aux vagues

Par la nuit enveloppant la lumière volée et par la mer il assiégea sa joie,

S'enfonça dans l'élastique interrogation

Agitation avant le bourdonnement

Prorogation après le bourdonnement.

Le vigile est armé de tension, plaqué de sourie

Le voleur de lumière juge en détail

Rêve la mort, enfant l'emportant dans les villes de l'immanence

pour tenir compagnie aux illuminations sur les limites du corps

dans son silence majestueux, le juge - trahi par l'œil dénonciateur –

s'abstient de parole.

Nous nous habitâmes à lui qui vante son merveilleux

Nous avons témoigné qu'il n'y a pint de mort dans le vide

•  lis avec partialité non planches

•  la crue de la neige fait surgir l'écume du rocher

Vous n'avez de navire que l'embrasement.

 

Traduit par Moulim El Aroussi

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EN MAL DE MOI MEME

Traduit par M.N

 

Je suis le Sindibad de l'amour.

Ses tempêtes m'ont projeté entre deux navires

J'ai fait le serment de me noyer.

A moins qu'un poisson à ma taille ne jaillisse

Une vipère a surgi de l'onde.

M'a entraîné dans les profondeurs des flots.

L'esprit en transe. Délire et chuchote :

« Tiens prends et ne rends rien ».

Le vent est une corde ghnaoui. Les rochers un tambour

Et les vagues entrent en transe.

 

La plume, entre mes doigts était croissant de lune naissant

Et la baleine convoitait le fuyard tapi au sommet de la Montagne

Elle avala la lune et plongea

Laissant les pieux de la nuit plantés.

La nuit prisonnière ne pouvait lever le camp.

Mon aube à l'éclat tardif. Se mit enfin en route

La vague m'a jeté aux miens

Chez eux mon secret avait précédé l'histoire.

 

Une tente de lumière fut dressée pour eux.

Et mes ennemis. Petits grains de sable se détachaient

De leurs semelles

Les miens ont répudié les tempêtes de ce monde

Leurs cœurs sont clairs et lucides.

Ils ont abandonné un navire aux vagues en lambeaux.

Aux mots qui voient

S'écouler leur pus dans le

Moulin du temps

Ils ont pris le chemin de l'exil

Sans jamais trouver de terre d'errance

Ni de grotte pour y révéler leur secret lumineux.

 

Et un oiseau se mit à venir à moi.

Goûtant l'encre de mes mains,

Déposant un œuf dans leur creux,

L'œuf, encrier ou je trempe ma plume,

Je dessine mes rêves.

J'ai prêté ma bouche aux autres,

Qui l'ont utilisée à mes dépens

Pour dire le mal

Mon oiseau m'abandonné,

J'ai perdu sa trace,

Je n'ai trouvé personne pour lui porter mon message

J'ai fugué, me réfugiait dans les bras de la mer,

M'enchaînant à ses vagues,

Elle m'a enlacé,

secoué

et m'a relâché en transe

alors revint mon oiseau éclairant mes jours.

 

Le rêve a fait le tour de l'univers

Et a cueilli une narcisse,

L'a embrassée,

S'est assoupi sur mes vagues

J'ai vibré avec elle,

J'ai accordé à ses états d'âme

Mon flux et mon reflux, mon calme et ma tempête

J'ai déposé mon esprit dans son ombre

J'ai déposé les brides de mon esprit dans son regard

Il me chasse, il me rappelle.

Nous étions…

Une plume à la recherche de son aile,

Un nuage qui a perdu son vent,

Deux gouttes d'eau jumelles

Habillées par les vagues dans la mer des jours

Je suis la question, elle est ma réponse

Je suis la couverture, elle est le trésor enfoui dans mes plis

Nous étions la vague et la mer

Nous étions le bonheur secret

 

Et quand mon oiseau revient à la source pour boire,

Mes yeux ont avoué et ma bouche est restée muette.

Leurs cœur est sourd, mon cœur chauffé blanc.

La terre est en feu

Pleurant, brûlant,

Que vaut alors ma peine ?

 

Ma passion se coula dans son étui.

Se recroquevilla et se couvrit.

Mon cœur était ténèbres et ma passion l'éclaira

Il était mourrant, elle fut son remède,

Il devient un oiseau s'élevant,

et. atteignant les nuages. Il chuta.

Il devient un trésor privé de joie.

O combien ai-je avoué sous le joug de la passion,

Mon loup hurlant entre les lettres,

Ma plume cherchant à écrire.

Hésitant devant la page blanche.

 

Je rassemble les fragments de mon histoire

Echappés au voile du secret

Et ce qui m'habitait ne me délivra pas

Je suis habité. Ils m'ont nommé le mejdoub.

J'ai volé le feu au sommet de la montagne

L'entêtement des mots m'a anéanti.

Lors de la charge des cavaliers. J'étais dressé, droit,

Mais j'ai ployé sous le vent de l'amour.

J'étais une branche solide.

Se désaltérant à sa propre eau

Mais la passion. Pour entretenir ses feux m'a brûlé

Mon cœur vit alors des ailes lui pousser.

J'étais un sabre chauffé à blanc.

Et elle me fit la promesse de l'eau

J'étais un, uni,

Mon ombre m'a quitté

Et la passion m'a dédoublé.

J'étais un mur de vent

Et la pioche qui m'a abattu… m'a reconstruit.

 

J'ai déchiffré les signes,

J'ai écrit un mot,

Et je suis mort, tel l'épi,

Le crayon m'a cueilli.

Une grotte incandescente

Où j'ai éteint mon feu

Ma mort fit un chagrin et la joie de ceux qui m'aiment.

J'ai rejoint le droit chemin

Et une étincelle est morte en moi.

 

J'ai poussé un cri dans le vide

Seule mon ombre m'a entendu

Et je suis mort, dans mon jardin

A l'ombre d'un arbre

Je me suis coulé dans ses racines

J'ai trouvé mon âme qui m'attendait.

Elle m'a dit :

Tu es bien un vagabond

J'ai été ton piège

Celui que tu as toi-même posé.

 

Traduit par M.N

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QUI A BRODE L'EAU ?

Traduit par M.N

 

Ceci est un conte tressé avec nos larmes.

Une image et celui qui la fixe devient fou

Une image débordant de malheur…

Nous l'avons jeté à la mer

Mais même la mer fur oppressé par notre malheur

 

Mets toi pieds nus…

Et marche, marche dans les ténèbres de ton être

La transe est une étoile filante

La transe est un itinéraire

Embellis l'âme pour que l'être se prononce

Et viens sourire dans le noir.

Qui fend son caftan léger.

Fais de l'ombre pour la brûlure de la question

Sois un œil ou dort l'espoir

Voila par les cils à son réveil.

O toi qui m'habite contre mon gré

Dévoile mes pensées profondes

Et panse la brûlure.

Tiens-moi compagnie jusqu'à

Ce que l'on respire l'odeur de la mort

Et que l‘on prenne alors ce tournant.

Essors les nuages. Tresse-en un sentier

Ne me renie pas. Toi mon aile.

Tu es mon miroir intérieur.

Trahis-moi pour que je sois toi

Efface-moi pour que je sois toi

Et pour être moi, sois-toi.

 

Tu étais, ô moi, enseveli dans l'argile

Et l'eau t'a révélé.

Les vents bavards n'ont point tu ton secret

Les grains de sable aux grains de sable se sont frottés

Et tu t'es penché par l'entrebâillement en souriant

Tu as cherché après-demain

Même si tu n'as rien trouvé de réjouissant

Tu as cousu l'argile et la pluie, la lumière fut ta lance

 

J'étais ô moi

A l'affût, cherchant le portail de la noce

Et lui, tiède, étais lové dans un nuage

Et son gardien, dit-on, est un célèbre qui dort.

Je tenais de peindre son aile

Mais l'éternité, enceinte, le portait en elle

Tel Ahwach sans Riass.

J'ai arrosé la mélodie avec le sang des coquelicots

Et j'ai pétri le temps et j'ai fait

Les côtes des mots que l'on ne peut secouer.

 

J'étais pressé de prendre feu

Mèche, qui va révéler mes entrailles

Jusqu'à ce que le mot soit assorti au mot

Qu'ils s'enlacent dans les escaliers, qu'ils y jouent

Et le poème soit fantasia et fêtes

Que la lumière chevauche te ténèbres

Et que je laisse dans ma tête lever la pâte du secret.

 

Je brûle mon passé, j'en fais mon encre chinoise

Je cisèle mon monde intérieur et j'efface

pour que la coupe tiédisse

et que l'exile revienne telle une plume à son aile

et que le rêve marche en pleine lumière

libre sas geôliers.

 

Mais…

La séduction est arrivée, volage

Les cils tressés

Et le doute souriait en coin

Je me suis laissé tenter

Le monstre s'est réveillé en moi

La coupe est morte et moi je suis restée

A ergoter.

 

Les souvenirs se sont étirés, langoureux,

Je m'en suis délecté, avant qu'ils ne se sauvent

L'un pour voir s'éteindre l'incandescence du temps

L'autre, image dansante, khôl aux yeux et ceinture

Dénouée

Et chevelure jetée

L'un était immensité de sel

Sur laquelle rampait mon corps écorché.

 

Je me suis souvenu de celui au regard de huppe

Au mot plus tranchant que l'autre

Et de celui qui nique la parole

on dirait capable d'escalader le mur avec son dos

alors qu'il trébuche même dans son ombre.

Et celui qui donne à l'eau la chaire de poule

Mais qui rempli sa bouche lorsque les autres parlent.

 

Et celui qui a perdu son ombre

Ils ont marché sur son ombre lorsqu'il l'a oubliée.

Et celui qui se bat contre son ombre

Qui lui fait un croc-jambe

Qui dérobe le vide et qui le cache

Et de celui, être de feu, au caftan de fumée.

Corps à l'encens d'argile

Son cerveau est léché

Et est livré aux vents qui y soufflent

Et il fait l'amour avec les réincarnées.

 

Et te voilà…

L'automne est sevré dans les langues de l'été

L'hiver est entre sabre et entraves

Le printemps est resté sans confident

Le temps saigne du nez et l'air s'est évanoui

L'espace s'est asséché et l'esprit a tari

La mort avec le temps sont enlacés sur le trottoir

Et la route, face cachée de l'eau, est emmaillotée

Et les âmes sont des sens : tête et œil et bouche

Et nez

 

Ceci est un compte tressé avec nos larmes,

Une image et celui qui la fixe devient fou

Une image dérobant de malheur…

Nous l'avons alors jeté à la mer

Mais même la mer fut oppressée par notre malheur.

 

Traduit par M.N

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PETITES LETTRES DE PAROLES

Traduit par Touria Ikbal

 

Les lettres sont des enfants

Qui jouent sur la canitie de la feuille

tel mon secret.

De mon regard se couvrirent

Et se dissimulèrent dans mes tisons

 

Laquelle est l'Alif ?

Laquelle et la Hamza  ?

Notre passion contient son propre condiment

Laquelle est la moitié invisible du cercle du Noune

Laquelle est bûche

Laquelle est feu

Attisant notre passion ?

 

Un éclair vit le jour

Hanta les profondeurs

Et devint ivresse

Camouflée dans le trésor de la vie

Sa coupe, le corps

Sa garde, la mort

Mon ami l'encrier

Son encre,

Dépouille de sommeil le mort

 

Sa saveur

Laisse instinctivement mon calame

Ecrire et réécrire

 

Que se passerait-il

Si le calame agrée la lettre

Et l'embrasse

 

O toi qui me ramène à la prononciation

Il ne me reste guère de passion

Mon vent est salin

Etouffant

Et quand j'écris

Je me consume

 

Encrier et calame

Nous étions dans la paume du vent.

Remède de la feuille

Notre âme là-dessus se répand,

Germe :

Et hurle notre secret

 

Peinard, je viens vers toi

Ton sourire, ma monture

Ma rame, ton regard

La coupe entame la nostalgie

Nous étions deux lettes

Ecrites dans l'océan

Et les vagues prononcèrent

Kaf/Noune : sois…

Ma couverture, les lettres

La parole est vent

Ah…si je pouvais être larme

Coulant sur la braise du bien-aimé !!

L'amour est une vague

Pérégrinant dans la pureté

Qui, outre la lettre

Me convertirait en vague

Qui !?

Au point que mon ennemi

Avec moi compatirait

Et dirait : que son supplice lui suffise ?

 

Viens, mon compagnon

Ramène-moi

Réconcilie-moi à mon essence

Et abrite-moi dans les lettres

Incendie-moi

Et enterre-moi dans le vent

Quand, pris de panique, je deviens ton frisson

 

Aveugle soit l(œil qui décode les talismans des lettres

Aveugle soit celui qui sent le trésor enterré du miroir

Trépas soit celui qui connut le secret des lettres

Sans s'enivrer

Le gnostique vivre et s'interrogera dans l'humilité :

Serait-ce possible que… ?

 

Fait des paroles une monture

Et lâche les rênes

Dans les ténèbres, nous tatouons

Encrier et calames

Si les lettres devenaient veines

Entre mes racines et ma citadelle

L'âme appelle :

O toi, d'ordinaire voilée

Sors

Chemine

Au loin…

Si la mort désire venir

Qu'elle advienne

 

Ecarte de moi ton ombre

Ton ombre, tatouage dans ma peau

Et efface mes lettres

Si mon ardeur te consume

 

O toi qui me port

Prête-moi ton ombre

Pour que je la mette

Pour que je la plante

Pour que des paroles, je récolte

Et en déchiffre les sens

Et si point de lettres la moisson n'enfante

Observons le silence

 

Une vague enfouie

Par les lettres dissimulée

Dans la caverne du ciel

Ensevelie.

Une lueur égarée

L'œil, adresse du cœur,

Tatouage dans l'eau.

L'essence est océan

Le ciel, fumée et la terre, feu.

Je gèle et fonds

Je marche et deviens vapeur

Je voyage dans ma vision.

Des racines de feu,

La pluie laisse germer des lettres

 

Je pèche

Si je ne dis pas : nous

Et la lettre se brise

Le corps se vide

Et de passion s'emplit

S'il fraternise… il fleurit.

 

Chacun de nous, une face de la feuille

Notre tente meublée de nos propos

Notre colère attise l'ardeur

Cendres, nous devenons

Et réceptacle de nos larmes

D'un coup, nous nous réveillons.

 

De mes larmes,

Elle inscrit sur sa poitrine mes regrets

Mon livre devint puits

Telle l vague enfouie

Dans le livre de ma vie

…comment ferai-je ?

 

Si tu sais, tu meurs

Si tu ne sais pas, tu meurs

Oublie ce que tu sais

Efface tout ce que tu as écrie.

Et dis :

Dans la lumière de la passion,

Je suis perdu.

 

La vague à la vague adossée

Ton navire, un nid

Ton cœur- oisillon, s'y est posé

Des regards, arrose l'océan

Ta pulsation, sème-y

Et démêle les tresses des vagues.

 

Ta passion est un navire

De l'intérieur navigué par son vent

Une page ou le rêve, lettres de calligraphie

Abandonne-toi à ton amant

Tranche son ombre

Ensevelie toi-y

La culotte de la parole est tombée

L'obscurité, un livre ouvert

Ou mes larmes ont coulé

Proie aux illusions, ma joie blessée

La parole prédatrice

La porte de l'imaginaire reste bouche bée.

 

Il n'y entendit point de tremblement

Chez lui, la lumière se fait audible

Sécrétée des rires de son aiment

Rassemblée sous les cils

Le vent, burnous de la parole

Coupé par les ciseaux de l'éclat.

 

Un corps s'étale

Un corps parle

Des paroles dévient

Des paroles s'incendient

Le sens englouti

Au sein des lettres, frémit

Et s'asphixie

Quand, de l'océan de l'esprit

Il sortit

 

Propos écervelés

Par les méninges des propos volatilisés

Propos nés des racines du cœur

Bienfaiteur

Donnant pour fruits

Des lettres de salut.

 

Traduit par Touria Ikbal

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FRAGMENTS INFINIS

Traduction : Issiali Aarab

 

Va à ton sanctuaire nocturne

Et laisse moi à mon calvaire

Je ne suis que ton écho spirituel

 

Le ciel est au fond du verre

La mer est désert

Le sable est fon errant

La tempête est sculpteuse

Vêtue d'un manteau de laine doukkali

 

Nul visage

Excepté mon corps en guise d'emblème

Sui-je en infraction aux lois d'identités ?

 

La lumière m'a dissimulé à toi

Jardin de lumière

Je suis ta citadelle

 

Et si ton regard se porte sur autrui

Peut-être répparaitrai-je

Dévoilé par ton éclat

Laisse-moi avancer

Laisse-moi parler

Laisse-moi apprendre

Que la vérité est lune

Que tu crains ton dévoilement

Sous les regards

 

Fais comme si tu ne m'avais pas vu

Fais comme si tu n'étais pas toi

Et faisons comme si moi, je n'atais pas là

Quand l'obcurité survient

Et que nous désintégrons

Ni toi, ni moi ne demeurons

 

Je me suis accaparé la vision

Et j'ai libéré la latence…

Couvrez-moi donc d'obscurité

 

Mon habit est argile

Mon moi est volcan

Pourrais-tu être déluge ?

 

Heureux qui comme a vu

Heureux qui comme a perdu la vue

Entre cécité et vue se niche la substance de la vie

 

Moi, mon sercet est nu

Le néant tisse la trame de mon essence

Seul mon silence

A forgé ma légende

 

Laisse-moi avancer

Laisse-moi te voir

Pourquoi as-tu dissimulé

Les mailles de la vision ?

 

Je me suis penché sur mon être

Et le miroire s'est brisé

J'ai disparu

Et la rumeur emplit mon univers

 

Tu m'habites je t'envahis

Tu jaillis de mes entrailles

Et moi je te contiens

 

Traduction : Issiali Aarab

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Un état et des états (extrait)

Traduction : HABIBA ZOUGUI

 

Peut être celui- là est moi

Je me rends

Je me rends O sirs

 

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J'aurais bien aimé que le bonheur soit contagieux

Que les lettres ne soient pas jalouses de mes enfants

La paix viendra pour nous sauver

Quand on l implore

Et le bien sera une mer douce

Qui désaltère la soif de ma patrie

L'amour ; la vérité et la beauté sont mes sirs

Je redeviens tel un bohémien ; tel un troubadour

La liberté est ma provision

Mes rêves seront comme des caravanes

La patience les côtoies

Mon for intérieur se purifiera

Je serai une tente

Ma peuplade seront mes quilles

Je frappe dans il se durcit

Mon objectif sera le chemin maritime

La folie m'abritera des intempéries de la vie

Le rêve est ma provision

Dans ma solitude mon semblable me rend visite

Et celui qui nous quitte prendra la provision

Le mot palpitant sera mon réveil

Et sur le papier mon sommeil

Mes djinn seront ligotés dans mon rêve

Mes jwade aspireront à une fusion

Je ne veux pas que mon esprit s'éteigne

Ni que son âtre soit ardent

Ni que le vent soit le symbole de la marge

En pleine obscurité

Pour l'errant un sauveur

 

Traduction : HABIBA ZOUGUI

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